Lignites cénomaniens du Sarladais (Simeyrols)
AQI0417
Localisation
Département(s) : Dordogne (24)
Commune(s) : Simeyrols
Rareté
Régionale
Intérêt patrimonial
| Critère | Note | Coefficient | Note pondérée |
|---|---|---|---|
| Géologique principal | 2 | 4 | 8 |
| Géologique secondaire | 2 | 3 | 6 |
| Pédagogique | 1 | 3 | 3 |
| Histoire des sciences | 0 | 2 | 0 |
| Rareté du site | 1 | 2 | 2 |
| État de conservation | 1 | 2 | 2 |
| Total | 21 / 48 |
Besoin de protection
| Critère | Note |
|---|---|
| Intérêt patrimonial | 2 |
| Menaces anthropiques | 1 |
| Vulnérabilité naturelle | 1 |
| Protection effective | 2 |
| Total | 6 |
Fiche nationale
Accéder à la fiche INPGDescription physique
A une dizaine de kilomètre à l’est de Sarlat, au nord la commune de Simeyrols, plusieurs affleurements constituent le site. Ils correspondent à d’anciennes zones d’exploitations de lignites.
Au lieu-dit La Serre, au sud de la D47 est visible une ancienne galerie d’exploitation (fermée), devant l’entrée de la mine, un affleurement de déblais riche en débris ligniteux est facilement accessible.
Entre La Serre et Fleytoulet, le long de la route et le long de du chemin, qui part vers le nord dans le massif forestier, sont visibles d’importants déblais, des blocs de calcaires lacustres et des vestiges de bâtiments de l’ancienne exploitation. Au lieu-dit le Bosq, une entrée de mine ainsi que des cônes de déblais riches en lignite sont aussi présents.
Code GILGES
C : Paléoenvironnemental, Paléoclimatologie, Géologie sédimentaire globale
Description géologique
Les couches du Crétacé supérieur dans le Sarladais témoignent de la séquence transgressive qui envahit la région par débordements successifs sur le substratum jurassique structuré, la région n’étant réellement atteinte par la mer qu’au Cénomanien supérieur (environ 95 millions d’années) avec pour ce secteur la mise en place des environnements margino-littoraux ayant fourni des lignites (Platel et al., 2008). La région du Sarladais est connue depuis le 19e siècle pour ses gisements de lignite exploités dans des galeries de mines ou bien à ciel ouvert à partir de 1861, avec un regain pendant la seconde guerre mondiale (Colin, 1973). Actuellement, il ne subsiste plus d’affleurements complets permettant d’établir de manière détaillée la succession et la géométrie des dépôts. La littérature permet en partie de combler ce manque d’observation directe. Les principaux sites d’exploitation se répartissent essentiellement en deux secteurs : autour de Simeyrols à l’Est de Sarlat et dans le secteur Veyrines-Cladech à l’Est de Belvès.
Une coupe synthétique a été établie avec une formation pouvant atteindre une épaisseur maximale de 10 m (J.-P. Platel, 1987) :
Au droit de La Serre, surmontant les calcaires kimméridgiens (environ 152 millions d’années), s’est d’abord déposée une assise métrique d’argile noire à débris coquilliers. Puis environ 5 m d’alternances de lignites (de quelques cm à 1,5 m au niveau de Fleytoulet), d’argiles feuilletées ligniteuses, de « boghead » (= schistes bitumeux) gris sombre et de calcaires lacustres gris où des gastéropodes d’eau douce, des rameaux de Sequoia et des Charophytes ont été retrouvés. Le lignite contient des cristaux de pyrite, de gypse, des lits de feuilles et des rameaux. Des ossements de grand reptiles (Sauriens et Chéloniens) y ont été découverts (mentionné par Arnaud, 1877).
Sur l’ensemble de ces affleurements, des grains d’ambre ont été retrouvés dont un nodule d’ambre en forme de coulée globuleuse à proximité du hameau de Fleytoulet.
Intérêt géologique principal
Intérêt : Sédimentologie
Justification : Faciès de bordure permettant de connaître l’extension du Cénomanien supérieur dans le Périgord noir. Dépôts témoignant d’un environnement forestier en bordure d’étendues d’eau douce, mais ponctuellement soumis à des influences saumâtres.
Intérêt(s) géologique(s) secondaire(s)
| Intérêts | Justification |
|---|---|
| Minéralogie | Présence d’ambre. |
| Paléontologie | Les restes de végétaux confirment la présence d’angiospermes et de conifères, l’identification actualisée permettant de les attribuer à Geinitzia reichenbachii (Geinitz,1842). Présence de faune de petites huitres peu diversifiée (Videt et Platel,2005) et de moules internes pyritisés de gastéropodes d’eau douce (Saint-Martin,2013). Les calcaires intercalés dans les dépôts ligniteux seraient lacustres avec des gyrogonites de de characées, des ostracodes et des cyanophycées(Colin et Vachard, 1997). |
| Ressources naturelles | Les lignites de Simeyrols ont été exploités par un réseau de galeries jusqu’en 1953 (concession d’environ 2,5 km2). Le combustible était destiné aux fours à chaux locaux et aux papeteries de Couze sur la Dordogne. |
Intérêt(s) pédagogique(s)
Intérêt : Pour tout public
Justification : Découverte de dépôts de lignites : leur origine de formation et leur exploitation minières.
Intérêt pour l'histoire de la géologie
Non renseigné
Aucune photo disponible.