Stratotype pro parte du Santonien (Saintes)
POC0016
Localisation
Département(s) : Charente-Maritime (17)
Commune(s) : Saintes
Rareté
Nationale
Intérêt patrimonial
| Critère | Note | Coefficient | Note pondérée |
|---|---|---|---|
| Géologique principal | 3 | 4 | 12 |
| Géologique secondaire | 2 | 3 | 6 |
| Pédagogique | 2 | 3 | 6 |
| Histoire des sciences | 1 | 2 | 2 |
| Rareté du site | 2 | 2 | 4 |
| État de conservation | 3 | 2 | 6 |
| Total | 36 / 48 |
Besoin de protection
| Critère | Note |
|---|---|
| Intérêt patrimonial | 3 |
| Menaces anthropiques | 0 |
| Vulnérabilité naturelle | 1 |
| Protection effective | 2 |
| Total | 6 |
Fiche nationale
Accéder à la fiche INPGDescription physique
Deux escarpements d'origine anthropique situés en périphérie de l'agglomération saintaise, vers le sud, en marge de la zone industrielle. Ces escarpements, l'un à Diconche, l'autre aux Charriers, sont liés à la création d'axes routiers importants :- le premier, la N141 (Route Centre Europe Atlantique) subparallèle à la ligne de chemin de fer. D'une dizaine de mètres de hauteur, il s'étire sur 200 à 300 m et se prolonge en falaise naturelle sur la rive gauche de la Charente jusqu'au pied du pont de chemin de fer ;- le second, la N150 (2 x 2 voies) qui mène à Saujon et Royan. De 15 à 20 m de hauteur, il se développe sur près de 700 m./nLes affleuremtents occupent environ 1, 5 hectare à Diconche et 6 hectares aux Charriers.
Code GILGES
E : Phénomènes - stratigraphiques, Séquences, Stratotypes
Description géologique
Les escarpements de Diconche et des Charriers recoupent au total 20 à 25 m de terrains où deux formations peuvent être reconnues. Du bas vers le haut :- des calcaires argileux gris, légèrement glauconieux, gélifs (7 m environ). Renfermant en abondance des bryozoaires et des huîtres (elles forment ponctuellement une véritable lumachelle), ces calcaires ont églement livré Pycnodonta vesicularis var. proboscideum et Rastellum deshayesi ainsi que quelques échinodermes. Ils caractérisent le Santonien moyen ;- des calcaires crayo-argileux gris-clair, légèrement glauconieux, se débitant en plaquettes finement miroitantes (de 15 à 20 m). Riches en rognons de silex noirs, en bryozoaires et en spongiaires silicifiés, principalement au sommet de la formation, ces calcaires, très fossilifères repésentent le Santonien supérieur. La macrofaune comprend notamment Micraster brevis, Rhynchonella vespertilio, Terebratula nanclasi et T. coniacensis, Spondylus santoniensi. S'y ajoutent Spondylus hippuritarum, Sp. truncatus, Inoceramus goldfussi, Rhynchonella difformis, Rh. boreaui, Hemiaster nasutulus, Clypeolampus ovum, Pyrina ovulum, Bourgueticrinus ellipticus, Cyphosoma multituberculatum de même que Placenticeras polyopsis, ammonite commune à tout le Santonien. La microfaune est essentiellement composée de Foraminifères benthiques : Goupillaudina ostrowskyi, Sirtina cf. orbitoidiformis, Nummofallotia cretacea, Goupillaudina daguini, Cibicides excavatus, Gavelinella cristata, G. cf. costata, Rosalina parasupracretacea et Rotalia saxorum. Quelques rares formes planctoniques y ont été signalées telle Globotruncana tricarinata, G. coronata, G. lapparenti-lapparenti, G. bulloides, Rosita fornicata.Ces dépôts se sont formés en contexte de plate-forme carbonatée peu profonde (70-90 m), largement ouverte sur la domaine océanique franc, où était installée une faune benthique variée (dont des spongiaires).
Intérêt géologique principal
Intérêt : Stratigraphie
Justification : Coupe située dans le secteur géographique (vallée de la Charente à Saintes) ayant permis la définition de l'étage Santonien. En 1858, H. Coquand écrivait dans son chapitre consacré au Santonien (p. 497-508) "L'étage santonien, qui est le deuxième de la craie supérieure, est placé entre les calcaires à Ostrea auricularis [actuelle Ceratostreon pliciferum] et les calcaires à Ostrea vesicularis [actuelle Pycnodonte vesicularis]". Il ajoutait : "Comme il est très bien représenté dans les environs de la ville de Saintes, nous lui avons imposé le nom de santonien, qui rappelle un des points où sa vérification est facile à faire et son développement considérable".
Intérêt(s) géologique(s) secondaire(s)
| Intérêts | Justification |
|---|---|
| Sédimentologie | Sédimentation de plate-forme carbonatée moyennement distale (70-90 m au maximum) occupée par des prairies à spongaires avec dépôt de faciès crayeux et biomicritiques. |
Intérêt(s) pédagogique(s)
Intérêt : Pour les étudiants, Pour tout public
Justification : Formation crayeuse riche en fossiles (bryozoaires, spongiaires, huîtres, échinides) mais également en silex noirs de formes variées nés du remplissage de terriers de Thalassinoïdes (Crustacés). Les terrains crayeux du Santonien sont souvent assez riches en fossiles bien dégagés dans les falaises naturelles, pour être présentés à tous les publics et les scolaires (bryozoaires, huitres, échinides, spongiaires notamment). C'est aussi la série charentaise la plus riche en beaux silex noirs, dont la variété de forme peut servir de support à l'étude des terriers thalassinoides et autres habitus de silicifications.
Intérêt pour l'histoire de la géologie
Contribution de la coupe de Diconche et d'autres coupes dans la vallée de la Charente, à Saintes, à la création de l'étage Santonien par H. Coquand en 1857.
Aucune photo disponible.